Bienvenue à l'Onera, le centre français de recherche aérospatiale |
Parole de partenaireAlexandre Sauvage / Leosphere
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Le lidar mesure les profils de vent à distance. Plus besoin d'aller percher un anémomètre au bout d'un long mat !
Quelles sont les applications du Lidar ? AS : Il répond aux besoins de mesures fiables dans la haute atmosphère. À la fois sur sa composition (présence de nuages, nature et concentration des polluants), mais aussi sur les aspects dynamiques, comme la mesure du vent et des turbulences. Cela intéresse de nombreux secteurs. Celui de l’environnement, bien sûr, pour le suivi de la pollution : les capteurs in situ ne sont pas suffisants pour surveiller un système aussi complexe que l’atmosphère et ses polluants, en relation avec les conditions météo. Le lidar est capable de dresser des « cartes » de différents polluants, avec leur concentration. Pour l’instant, nous nous sommes focalisés sur les poussières, mais tous les polluants sont détectables. Une autre application est celle des mesures météorologiques : nuages, vent, humidité. Le lidar, avec ses mesures en temps réel, peut avantageusement remplacer les ballons-sonde, qui ne sont lâchés que deux fois par jour. Enfin, le secteur de l’éolien est très intéressé : avant d’installer un parc éolien, il faut connaître le profil du vent, et ce à différentes altitudes. Or, avec des éoliennes de plus en plus hautes, il faudra bientôt dresser des mats de 160 mètres (la moitié de la tour Eiffel) pour y disposer l’anémomètre. Notre lidar est bien plus simple : d’un encombrement d’un mètre cube, il est déployable en cinq minutes. D’autres applications pourraient encore voir le jour, pour l’amélioration du trafic aéroportuaire, ou dans la recherche sur le changement climatique, notamment pour mieux connaître les aérosols et les nuages.S Qu’est-ce qui vous a amené à collaborer avec l’Onera ? AS : Avant même la création de Leosphere, |
Un mariage sans nuage Les PME ont tout à gagner à travailler avec un organisme comme l’Onera... et inversement. « C’est dans la vocation (et dans les statuts) de l’Onera d’aider les entreprises, et c’est bénéfique pour son image de marque », souligne Jean-Pierre Cariou. L’Onera a aussi tout à y gagner : il touche des redevances grâce aux accords de licence, profite du savoir-faire des PME dans certains domaines (par exemple les logiciels) et s’appuie sur elles pour fabriquer les prototypes. L’organisme public dispose ainsi de lidars qu’il n’aurait pas développés seul. De leur côté, les PME ont plus facilement accès à de nombreux appels d’offre et à de nouveaux clients. Elles bénéficient aussi des compétences scientifiques de l’Onera. Ainsi, les travaux dans le département d’optique théorique et appliqué (DOTA) de l’Onera sur les sources laser plus puissantes vont être transférées à Leosphere via une autre PME, Keopsys, qui lui vend des sources lasers à des conditions partenariales. « Nous essayons de monter un ensemble de partenaires autour de Leosphere, c’est bien plus difficile à concurrencer qu’une société isolée », assure Jean-Pierre Cariou. Chercheur appliqué « J’ai toujours voulu que mes recherches soient utilisées, qu’elles aient des applications pratiques, se souvient Jean-Pierre Cariou, ancien chef de l’unité des applications des lasers à l’Onera, aujourd’hui intégré à Leosphere en tant que directeur de la recherche technologique. J’avais même essayé de monter une société, et participé à la création de la société Keopsys, dans la fabrication de fibres lasers ». Aujourd’hui, il donne libre court à son goût des solutions concrètes : deux thèses en 2002 ont débouché sur un prototype en 2005. Deux ans plus tard, dix lidars ont été vendus. « Il n’existe pas encore de concurrence sur ce créneau, mais elle va arriver très vite, et nous devons innover en permanence », souligne-t-il. Ses journées sont encore plus longues qu’à l’Onera, où il ne comptait pourtant pas ses heures. « Les contraintes de temps sont bien plus fortes dans l’industrie, cela nous impose des solutions de compromis, plutôt que la recherche du meilleur », découvre-t-il. Mais la rapidité des décisions et le sentiment d’avancer vite compensent largement ces exigences. Lumière sur les polluants Le lidar fonctionne sur le même principe que le radar, mais au lieu d’utiliser des ondes électromagnétiques de grande longueur d’onde (les ondes radar), il se sert de lumière. Un laser émet une onde lumineuse intense. Quand celle-ci rencontre des particules, elle diffuse dans toutes les directions. En détectant cette lumière rétrodiffusée, on peut connaître de nombreux paramètres : la quantité et la nature des particules, mais aussi la vitesse du vent, en mesurant par effet Doppler la vitesse des particules. « On se sert de l’atmosphère comme d’un miroir », décrit Alexandre Sauvage. Ces analyses peuvent être effectuées à n’importe quelle altitude : chaque impulsion laser est envoyée à un moment précis, et on connaît la vitesse de la lumière, on en déduit donc l’altitude des particules observées. « Nous pouvons donc analyser les paramètres de l’atmosphère tous les 1,5 mètres », souligne l’entrepreneur. |
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Mis à jour le 20 mars,2007 - © ONERA 2009 - Crédits et conditions d'utilisation |