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Conférence

Mieux connaître les drones

III – De l'utilité des drones


Sperwer © SAGEM DS

De nombreuses qualités

Les principales qualités des drones découlent du fait qu'ils sont «sans pilote». Cette caractéristique, essentielle, supprime toute notion de risque pour l'équipage, notamment dans le domaine militaire (dangerosité des missions), mais également pour toutes les missions considérées comme physiologiquement difficiles ou pénibles pour l'homme (accès à haute altitude, long temps passé sur site...). En outre, là où il faut 2 à 3 hommes pour réaliser des tâches multiples à bord d'un avion (pilotage, mise en œuvre de la charge utile, analyse et décision, transmission radio...), de même que là où il faut compter plusieurs équipages techniques pour qu'un avion d'observation soit parfaitement opérationnel (compte-tenu des repos et congés réglementaires, des maladies, etc.), le drone est économique en personnel navigant. Néanmoins, les premières «expériences» ont montré que l'exploitation d'un drone mobilisait beaucoup de monde au sol.

Enfin, l'entraînement et les qualifications des opérateurs au sol sont moins complexes et moins coûteux.

La deuxième qualité essentielle d'un drone est sa souplesse d'opération (envoi, récupération, réutilisation), et son efficacité. On citera par exemple : l'accessibilité des sites à survoler ; la qualité de l'observation (logiquement meilleure à 5000 m qu'à 800 km par satellite...) ; le temps élevé passé sur zone ; la transmission des données, en temps réel ou peu différé. Cette dernière qualité permet l'exploitation des informations dans un délai très court.

Enfin, des drones de même modèle peuvent constituer un vecteur commun à plusieurs missions différentes mais faisant appel aux mêmes équipements de base (observation et surveillance aériennes) et, surtout, au même sous-système sol. De même, des drones de différents types, peuvent utiliser la même station-sol. Ils peuvent par exemple être rentabilisés sur plusieurs saisons pour différentes missions civiles (surveillance des feux de forêts, du trafic routier, des avalanches, des frontières, du trafic maritime côtier, etc.). C'est un facteur important d'amortissement et donc de rentabilité de ces moyens aériens.

Les drones représentent une solution intéressante pour les missions dans lesquelles la présence d'équipage à bord n'apporte pas de plue-value ou au cours desquelles le niveau de risque est très élevé. Par leurs particularités, permanence, endurance, rayon d'action, réactivité, discrétion et polyvalence d'emploi, les drones apportent de nouvelles possibilités qui renforcent les capacités des aéronefs modernes. Les perspectives technologiques conduiront à élargir le domaine d'utilisation des systèmes non pilotés dans les opérations aériennes, bien au delà de leurs missions initiales de renseignement, leur donnant ainsi une vocation de compléter, voire de remplacer à terme, plusieurs aéronefs et satellites.

Les drones ne mettent pas de vie humaine en danger.
Ils sont polyvalents et efficaces.

Une vocation militaire affirmée


Exemples d'utilisation de drones militaires :
largage de packs de survie (parachutés) à des commandos avancés,
surveillance de mouvements ennemis sur route, désignation par laser d'un objectif au sol
permettant le tir depuis un avion d'armes et relais de communications
(entre une station au sol et un avion haute altitude).
© ONERA

Le développement des drones sur une large gamme - du mini drone tactique, à l'échelle du fantassin, au drone stratégique de haute technologie - incite les forces armées à les intégrer progressivement dans la panoplie des moyens aériens engagés sur les théâtres d'opérations et ce, en complément des systèmes classiques, avions, hélicoptères, missiles de croisière, et satellites. Ainsi, le domaine d'action des drones ne cesse de s'élargir.

Des progrès réalisés au niveau des systèmes de guidage et des liaisons sécurisées pourront permettre d'envisager la généralisation de la gestion à distance des missions réalisés par les drones...envoyés très loin dans la profondeur des dispositifs adverses aussi bien qu'au contact immédiat des forces ennemis.

On peut en fait décomposer en trois grandes catégories, les missions militaires confiées aux drones :

  • La surveillance et le renseignement
  • Le support au combat
  • Le combat proprement dit


Catapultage opérationnel
d'un Sperwer en Afghanistan
© SAGEM DS
by courtesy of the Canadian Forces

1/ La surveillance et le renseignement

Le «renseignement» militaire au profit des instances gouvernementales ou des armées (incluant la Gendarmerie), qu'il soit d'ordre stratégique ou tactique, résulte de la très grande capacité d'observation aérienne et d'écoute des drones. Cette mission est naturellement la première qui leur ait été attribuée et reste encore la principale.

La conduite des opérations dans les nouveaux conflits devient extrêmement exigeante en termes de temps de réaction, de besoin d'identification ami/ennemi, ainsi que d'interopérabilité des forces terrestres, aériennes ou navales, non seulement entre elles mais également entre celles de plusieurs pays.

La variété des capteurs utilisés permet de recueillir plusieurs types d'informations, restituées sous forme d' images, d'origine électro-optique ou électromagnétique et ce, en temps réel, sur terre, sur mer, depuis l'espace aérien inférieur ou même supérieur.

Les drones peuvent observer à longue distance, à travers les nuages, hors des menaces sol-air, et pendant des périodes significatives (de 12 à 24 heures et potentiellement beaucoup plus : les opérateurs pouvant se relayer au sol) : l'autonomie n'est plus qu'une question de quantité de carburant embarquée.

Les informations transmises par le drone peuvent être exploitées de différentes manières : pour l'évaluation de la situation sur un théâtre d'opérations, la surveillance d'une zone, la détection et l'identification des objectifs à traiter à court terme, l'évaluation des dommages après une frappe aérienne ou un tir d'artillerie à longue portée, et même, pour l'alerte au départ de missiles balistiques. En observant la phase balistique du missile ennemi dans des conditions plus favorables qu'à partir d'un satellite géostationnaire, le drone devrait également pouvoir prédire le point d'impact.

Les drones répondent ainsi parfaitement aux exigences modernes de continuité du renseignement par la permanence spatiale et temporelle qu'ils permettent d'assurer sur zone.

Les drones sont des vecteurs essentiels
de recueil du renseignement militaire.


Drone du fantassin (Bourdon)


SDTI en vol

2/ Le support au combat

La polyvalence des équipements embarqués et les évolutions technologiques rapides des systèmes multiplient les perspectives d'emploi des drones dans le domaine dit du «support au combat». Ces missions sont plus précisément les suivantes :

  • La désignation d'objectifs  : une charge utile de type illuminateur laser confère aux drones des capacités d'illuminer un objectif fixe ou mobile en vue de sa destruction par des moyens d'attaque aéroportés, avions ou hélicoptères de combat (utilisant eux-mêmes des armes guidées par laser). Ces capacités ont déjà fait leur preuve sur les théâtres d'opération des Balkans, d'Afghanistan et d'Irak.
  • Le relais de communication  : l'évolution en altitude permet de s'affranchir du relief qui pénalise les faisceaux hertziens et permet éventuellement aux drones de remplacer avantageusement les satellites de communication géostationnaires, dont les capacités sont réduites en termes de débit et de largeur de bande.
  • Le soutien aux opérations spéciales  : les mini ou micro-drones, portables à dos d'homme, discrets et simples d'emploi, peuvent constituer «l'œil avancé», de jour et de nuit, du commando appelé à intervenir en zone hostile, dans un environnement accidenté ou urbanisé.
  • Le brouillage  : communications, émissions des radars de défense aérienne, systèmes sol-air, localisation par GPS, etc. peuvent être brouillés par les drones, dans le but de gêner l'ennemi tout en assurant la protection électromagnétique des frappes aériennes par aéronefs ou missiles. Le brouillage des émissions radio et télévisées, la diffusion d'émissions parasites ou d'informations «orientées» seront également dans leur possibilités (action psychologique).
  • Le support au déploiement  : évaluation de l'environnement des zones de déploiement des forces, notamment les menaces NRBC (Nucléaire, Radiologique, Bactériologique et Chimique), en évitant de compromettre la sécurité de vecteurs de reconnaissance pilotés.
  • Le transport  : largage discret sur le terrain - éventuellement dans un contexte hostile - de charges de dimensions et de poids réduits (vivres ou équipements) au profit d'unités isolées ou en déploiement avancé.

3/ Le combat

L'emploi de drones à hautes performances, spécifiquement conçus pour le combat, est envisagé au sein de véritables systèmes de combat mixtes, aux côtés des aéronefs de combat pilotés.

Divers concepts d'emploi sont étudiés, tels que l'attaque d'objectifs fixes ou mobiles, pouvant par exemple permettre la neutralisation ou la destruction des moyens sol-air adverses.

L'utilisation des drones pour des combats aériens semble encore relever aujourd'hui du domaine de la prospective opérationnelle. Les états-majors étudient cependant l'hypothèse de les employer comme moyen d'identification avancée, sous contrôle d'un avion de combat piloté ou d'un PC volant. Dans ce contexte, l'étape «tir» de missiles air-air embarqués sur le drone apparaît envisageable.

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Avant-propos

Histoire

Qu'est-ce qu'un drone ?

Comment utilise-t-on un drone ?

De l'utilité des drones : militaire

De l'utilité des drones : civil

Un catalogue déjà large

Les drones dans le monde

Un nouveau défi pour l'Europe

Les drones à l'ONERA

 


Mis à jour le 9 septembre 2005 - © ONERA 2009 - Crédits et conditions d'utilisation