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Zoom in the Lab33 - La deuxième jeunesse de l'optique
Pendant que certains scientifiques construisent des instruments de plus en plus gros, comme l’accélérateur LHC (Large Hadron Collider) à Genève chargé de découvrir de nouvelles particules, d’autres tentent au contraire de fabriquer des instruments toujours plus petits. C’est le cas de Riad Haïdar et de son équipe au Département d’optique théorique et appliquée de l’Onera. Leur objectif : miniaturiser les systèmes optiques.
Les possibilités de cette nouvelle discipline sont considérables, puisque les photons vont naturellement plus vite, et facilement plus loin, que les électrons. Cependant, lorsqu’on atteint ces échelles, les lois de l’optique ne sont plus tout à fait celles que l’on connaît, et demandent de nouveaux développement théoriques. « Lorsque la dimension caractéristique des composants est du même ordre de grandeur que la longueur d’onde de la lumière considérée, tout devient plus complexe », indique Riad Haidar. Dans le cas de la lumière infrarouge, cette longueur d’onde est de l’ordre du micromètre.
Parmi les applications de ces systèmes optiques miniatures, citons les systèmes de filtrage spectral, destinés à laisser passer certaines longueurs d’onde et à arrêter les autres. « Nous avons fabriqué des membranes d’une centaine de nanomètres d’épaisseur suspendues entre deux rebords, décrit le chercheur. Ces « microponts » en carbure de silicium, larges de deux à trois micromètres et espacés régulièrement, sont un bon système de filtrage spectral. »
Une autre application importante concerne la mise en forme de faisceaux de lumière, notamment pour les rayonnements laser intenses. « Notre équipe a développé un concept original d’analyse de la surface de l’onde, qui donne déjà de très bons résultats, indique Riad Haidar. Et nous pensons que les nanostructures métalliques permettraient d’en améliorer encore les performances. Ces dispositifs permettent aussi de modifier la forme du faisceau à volonté, par exemple en sélectionnant certaines longueurs d’onde, ou en rendant certaines zones plus ou moins intenses. » Les cellules photovoltaïques, qui convertissent la lumière du soleil en électricité, pourraient aussi bénéficier des progrès de la nanophotonique : des nano- ou micro-antennes pourraient piéger la lumière au voisinage de la cellule solaire, et offrir ainsi un meilleur rendement. De même, des micro-antennes à plasmons permettraient d’améliorer la sensibilité des détecteurs infrarouge. L’Onera a proposé à l’Agence nationale de la recherche un projet en ce sens, baptisé Antares (antennes à résonances de plasmons).
Cécile Michaut, journaliste scientifique
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