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Zoom in the Lab40 - Le plasma en renfort de la combustion
Les plasmas équipent certains de nos téléviseurs. Ils pourraient un jour faire leur apparition dans les moteurs de nos voitures ou dans les réacteurs d'avion. Leur fonction : améliorer la combustion. Un plasma est un gaz partiellement ionisé, c’est à dire que les électrons de certaines molécules ont été éjectés1. « Grâce au plasma, on rend le combustible plus réactif, ce qui permet de faire fonctionner des moteurs à des régimes où ils sont habituellement instables », explique Axel Vincent, chercheur au Département d'énergétique fondamentale et appliquée à l’Onera de Palaiseau. Le plasma permet d’enflammer plus facilement le combustible, d’accélérer la combustion, d’éviter les à-coups et les battements, et de favoriser l’homogénéité de la combustion. Bref, il agit comme un catalyseur de combustion. Parmi les applications envisagées : l'utilisation de mélanges pauvres en carburant, afin de diminuer les émissions de polluants (notamment les oxydes d’azote), le fonctionnement des micro-turbines2, l'amélioration de la combustion supersonique.
Cependant, avant de pouvoir utiliser les plasmas dans les moteurs et les turbines, nous devons mieux comprendre la manière dont ils influencent la combustion. Le plasma agit-il par des réactions chimiques, par élévation de température, ou par modification hydrodynamique des écoulements ? Ces études se situent à la frontière d'au moins deux disciplines : la science de la combustion et la physico-chimie des plasmas. Des moyens d’analyse multiples sont nécessaires pour étudier à la fois les décharges électriques et la physico-chimie qui en découle. Ces études visent bien sûr à optimiser l’interaction plasma-combustion. « Nous avons déjà beaucoup appris sur l’endroit où créer la décharge ; le choix de l’emplacement des électrodes est très important, et dépend fortement de la géométrie de la chambre de combustion et de l’injecteur, de leurs dimensions, des régimes de combustion, de la vitesse d’écoulement, de la pression…», précise Axel Vincent. L’étape suivante consistera à implanter un système plasma sur des bancs d’essai de combustion existants, de taille plus importante. Les études concernent jusqu’à présent des flammes d’un kilowatt de puissance environ, et il faut maintenant passer à l’échelle supérieure, 100 kW, voire un mégawatt, plus proche des caractéristiques des moteurs d’avion. De plus, les recherches menées dans une vraie chambre de combustion devraient permettre d’analyser les produits de la combustion, afin d’observer d’éventuels effets sur les teneurs en polluants. « Si nous démontrions la pertinence de la technologie plasma dans des chambres de combustion de taille représentative, les applications pourraient voir le jour rapidement », estime Axel Vincent.
Cécile Michaut, journaliste scientifique
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