Bienvenue à l'Onera, le centre français de recherche aérospatiale |
Zoom in the Lab41 - Des drones dans la cour des grands
Imaginez un ciel où cohabiteraient des avions avec leur pilote et des drones de tailles très diverses volant de façon automatique. Aujourd’hui, c’est tout simplement impossible : les drones n’ont pas le droit de circuler dans l’espace aérien où évoluent les avions avec pilote. La réglementation aérienne l’interdit. « Les règles de l’air définies pour la circulation aérienne générale présupposent la présence d’un pilote à bord responsable de l’exécution sûre du vol », explique Christel Seguin, ingénieur de recherche à l’Onera Toulouse. Les drones évoluent donc dans des espaces aériens spécifiques, dits « ségrégués ». Pourtant, il serait parfois utile pour les drones de sortir de leur espace réservé, par exemple de traverser un couloir aérien pour aller surveiller une catastrophe. Il faut donc concevoir des moyens techniques et des procédures pour (1) commander et contrôler des drones de manière sûre (partie « opération »), (2) définir des règles de certification de ces systèmes (partie « navigabilité ») et enfin (3) mettre au point des qualifications de pilote de drone (partie « licence »). Et ce, au niveau mondial. « Les enjeux sont à la fois techniques, organisationnels et humains », souligne Christel Seguin.
Le but de l’Onera dans le projet IDEAS (Insertion des Drones dans l’Espace Aerien et Sécurité) est de démontrer la faisabilité technique et opérationnelle de l’insertion des drones dans l’espace aérien général. Cette démonstration concerne plusieurs disciplines : les capteurs, le traitement de l’information, les technologies de contrôle-commande, l’optique, l’électromagnétisme... « Nous devons apporter les preuves scientifiques que cette insertion sera sûre », expose Christel Seguin. Il faut passer en revue tous les cas, imaginer toutes les pannes possibles, envisager des remèdes, et finalement calculer si le risque est acceptable, c’est-à-dire si la probabilité d’accident catastrophique est extrêmement faible. Ces modèles prennent en compte à la fois les composants techniques et l’organisation. « Plutôt que de simuler des vols et d'analyser les résultats, on se demande : existe-t-il une panne entraînant la perte de l’appareil dans des conditions inacceptables ? Nos programmes nous indiquent alors quelles configurations entraînent telle panne. » Ces « preuves numériques » seront bien sûr confirmées par différentes expérimentations. Des essais en vol sur des drones de 15, 30 et 100 kilogrammes au décollage, permettront de tester dans un environnement physique réel les différents éléments (capteurs, équipements électroniques, électriques et informatiques, motorisation, actionneurs) indispensables pour l’insertion des drones dans le trafic aérien. Ces essais seront complétés par des expérimentations sur un planeur afin d’affiner les essais précédents dans un espace aérien encore plus réaliste. Objectif : apporter les éléments de preuve aux différents organismes concernés par la sécurité des vols, comme Eurocontrol (l’organisme en charge du contrôle aérien) ou l’Easa (Agence européenne de la sécurité aérienne, en charge de la certification des avions) d’ici quatre ans. Mais ces travaux devraient aussi servir de base aux futures réglementations sur les drones en présentant des procédures de coopération humain-drone sûre.
Cécile Michaut, journaliste scientifique
|
Derniers articles 50 - Après le V'lib, l'Avion'lib ? 49 - Nos nanotubes ont le nez creux 48 - Un laser pour mesurer le bruit 46 - Des moteurs virtuels plus réalistes 45 - La chasse au givre commence ici Liens Département Commande des systèmes et dynamique du vol
|
| |
||||
| Mis à jour le 27 novembre, 2009 - © ONERA 2009 - Crédits et conditions d'utilisation |