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Le givre est la première cause non humaine des accidents aéronautiques. Il gêne les moteurs, dégrade les performances aérodynamiques de l’avion, et détériore les sondes. C’est dire si les constructeurs lui accordent une attention particulière : comment l’éviter ? Comment en minimiser les effets ? Avant tout, il faut comprendre la manière dont il se forme, et concevoir des voilures qui empêchent sa formation. C’est le but du projet Sunset, une collaboration entre l’Onera et la Nasa, qui vise à mieux comprendre la formation du givre, et à développer des modèles numériques permettant aux constructeurs d’avions de prouver que leurs appareils peuvent voler sans danger en conditions givrantes.
Il existe en fait plusieurs types de givres. Celui qui dégrade le plus les performances de l’avion a lieu lorsque la température est proche de zéro, il est appelé la « barrière de regel en aval ». Il peut se former dans des conditions de givrage extrême avec des gouttes de gros diamètre (bruine ou pluie verglaçante). Vient ensuite le givre en verglas pour lequel de l’eau ruisselle localement et il se crée des formes de cornes qui font perdre son aérodynamisme à l’avion. Ce sont ces types de givre, transparents, qu’il faut absolument éviter, alors que le givre blanc qui existe lorsque la température est bien en dessous de zéro présente bien moins de danger.
Pour étudier les effets du givre sur l’aérodynamisme des avions, il est indispensable de mener des tests en soufflerie. Problème : il n’existe pas de soufflerie grandeur nature dotée de systèmes de refroidissement adaptés à l’étude du givre sur les gros avions. « Lorsqu’on reproduit les formes du givre sur des maquettes à échelle réduite, les dégradations aérodynamique que l’on obtient sont bien supérieures à celles qu’on observe à échelle 1 », souligne Didier Guffond, chercheur au département de Mesures physiques de l’Onera. L’Onera et la Nasa ont reproduit les formes du givre ainsi dimensionnées à l’aide de moulages en résine, et ainsi réaliser des essais à échelle réduite représentatifs de la grandeur réelle. Les profils d'aile sur lesquels on colle ces « sculptures » peuvent ainsi être testés en souffleries à n’importe quelle température. On produit ainsi les nombreuses données nécessaires pour valider les simulations numériques. Le but ultime est bien sûr de trouver des moyens de réduire ou supprimer ce givre dangereux. Actuellement, sur les gros avions, de l’air chaud à 180°C est prélevé dans le moteur pour faire fondre le givre. D’après Didier Guffond, de l’air à 80°C pourrait suffire, à condition d’augmenter les échanges thermiques entre la voilure et l’extérieur. « Quand l’eau touche la voilure, elle évacue de la chaleur lorsqu’elle devient solide, explique le chercheur. Si cette chaleur ne s’évacue pas suffisamment, une partie de l’eau ruisselle et le givre transparent, le plus dangereux, se forme. Il faut donc augmenter les échanges de chaleur à l’intérieur de l’aile où circule l’air chaud afin d’avoir un meilleur rendement ».
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