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Zoom in the Lab47 - Contrôle radar lunaire
Jusqu’à présent, Nostradamus, le radar transhorizon « à ondes de ciel » de l’Onera exploitait les propriétés de stratification de l’atmosphère pour détecter des objets bien au-delà de l’horizon. Les ondes radars de Nostradamus, pour cet usage, se réfléchissent sur l’ionosphère, à des altitudes comprises entre 100 et 300 km, et permettent de détecter des cibles mobiles bien au-delà de l’horizon, de quelques centaines à plusieurs milliers de kilomètres… Les applications de Nostradamus concernent naturellement la défense et la sécurité puisque le radar est capable de détecter des mouvements d’aéronefs, de bateaux, fort loin de nos frontières. Mais Nostradamus est aussi un puissant outil de recherche pour les géophysiciens, océanographes et aéronomes qui l’utilisent pour étudier les mouvements de l’ionosphère, dresser l’état de la mer et des courants marins, ou être alertés en cas de séïsme ou de tsunami.
Pourquoi la Lune ? Deux raisons : la première, selon Jean-Philippe Molinié, du département Electromagnétisme et radar : « Pour nous, c’est plutôt l’intérêt radar : quand une onde de haute fréquence traverse les couches ionosphériques, elle est légèrement déviée. La correction de ces biais améliorerait la localisation des objets à l’intérieur des couches ionosphériques, ou même au-delà ». Ces mesures viendraient en complément de celles du radar de veille spatiale Graves, également conçu par l’Onera, qui détermine les orbites des satellites survolant la France.
La seconde raison d’une telle investigation, pour les chercheurs de l’IPGP, est l’étude de la surface lunaire. « Ça les intéresse, parce qu’en HF, on doit pouvoir pénétrer dans la surface lunaire, sous le régolithe, pour sonder un peu le sous-sol » précise le spécialiste du radar. On estime ainsi la profondeur de pénétration des ondes, ce qui procure des renseignements sur la composition du sous-sol, où certains espèrent encore trouver de l’eau en bonne quantité. Par ailleurs, les mesures de la Lune en ondes HF permettraient de connaître certains paramètres de la surface lunaire, comme la permittivité diélectrique et la conductivité de la surface.
Pour le moment, l’évaluation de la faisabilité de l'étude de la Lune à l'aide de Nostradamus a commencé par un bilan énergétique concernant la signature de la Lune : il tient compte de la distance et de la taille de l’astre. Les résultats obtenus lors de la première expérimentation ont été satisfaisants, le satellite naturel de la Terre a bien été détecté. Mais, comme le précise Jean-Philippe Molinié : « Il a fallu approfondir, car la Lune n’a pas un écho ponctuel, comme un avion. C’est une grosse sphère, la résolution radar fait que l’on doit la découper en tranches ». Une autre question à résoudre est celle de la résolution de l’observation. « On atteint des résolutions de quelques kilomètres de côté, selon la longueur d’onde utilisée ». "Dans l’avenir," continue le chercheur, « on utilisera des techniques d’imagerie radar "synthétiques" pour profiter du déplacement de la Lune et obtenir une image bien plus précise en deux dimensions de la surface de la Lune. » Que de chemin parcouru depuis l’époque de la guerre froide, où on prenait l’écho radar de la Lune pour une flotille de missiles soviétiques ! Propos recueillis par Eric Millet
Compléments plus techniques
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