Allez au contenu, Allez à la navigation

RSS

L'ONERA dévoile les 70 ans de son histoire

Les faits avant sa création

Louis Blériot devant le Blériot XI (source blog ipsa)

Image : Louis Blériot devant le Blériot XI (source blog ipsa)

L’histoire de l’ONERA s’inscrit dans l’histoire mondiale de l’aviation. Pour mieux la situer, remontons le temps….

Entre 1900 et 1914, l'aviation se développe très rapidement...

Dès 1901, les frères Wright utilisent une soufflerie pour concevoir leur premier avion motorisé, le Flyer I, qui effectuera quatre brefs vols le 17 décembre 1903 à Kitty Hawk. Le 12 novembre 1906, Santos-Dumont remporte trois records officiels, vitesse, distance et durée, à bord de son Santos- Dumont 14bis. Louis Blériot traverse la Manche le 25 juillet 1909. La même année, Gustave Eiffel construit sa première soufflerie aérodynamique, la soufflerie d'Auteuil.

Soufflerie EiffelPrincipe de fonctionnement - Auteuil
Soufflerie Eiffel (Institut Aérotechnique de Saint-Cyr - CNAM) et  principe de fonctionnement  (Auteuil)


Anticipant et imaginant les besoins futurs de l'aéronautique, le Colonel Jean-Baptiste Roche crée en 1909 l'Ecole supérieure d'aéronautique et de constructions mécaniques qui deviendra Supaéro en 1930. En sortiront, entre autres, Henri Potez et Marcel Bloch, alias Marcel Dassault. La première guerre mondiale transforme la production aéronautique artisanale en véritable industrie. Forte de son avance technique et de ses capacités de production, la France est considérée alors comme la première puissance au monde dans ce domaine. L'avion est devenu indispensable à la maîtrise des airs, pour assurer la réussite des opérations terrestres.

le Colonel Jean-Baptiste RocheHenry PotezMarcel Bloch alias DassaultDe gauche à droite:
Colonel Jean-Baptiste Roche, fondateur de l’Ecole Supérieure d’Aéronautique, Henry Potez et Marcel Bloch alias Dassault, promotion Supaéro 1911, concepteurs de l’hélice Eclair qui équipe le Caudron G3, produite par la société éponyme dont ils seront les directeurs techniques. Et ce n’est qu’un début…


Après la première guerre mondiale, l'aviation militaire se convertit dans le transport aérien

Entre les deux guerres, les avions militaires sont transformés en avions de transport de passagers et du courrier. C'est l'époque des premières compagnies aériennes et de la célèbre Aéropostale. Mais, faute d'investir suffisamment dans la recherche scientifique et technique et malgré une activité importante, la France perd peu à peu sa suprématie dans le développement de l'aéronautique.

Albert CaquotAlbert Caquot, directeur technique et industriel au premier Ministère de l'Air de 1928 à 1934, tente d'enrayer ce déclin. Il crée un service de recherches au ministère, stimule la recherche aéronautique dans les universités et fonde les instituts de mécanique des fluides, dont l'IMFL à Lille en 1930, qui rejoindra plus tard l'ONERA. Il lance l'étude de nombreux prototypes d'avions militaires, développe les moteurs suralimentés et l'armement aérien. Il organise également la production en série d'avions et les essais en vol.

A nouveau sollicité par le Président du Conseil Edouard Daladier, après la conférence de Munich en 1938, Albert Caquot crée et dirige le Groupement Français pour le développement des Recherches Aéronautiques qui réunit l'ensemble des sociétés nationales de construction aéronautique. Malgré ces efforts et les premiers résultats obtenus moins d'un an après, la France ne peut rivaliser avec l'Allemagne où dès 1935 sont fondés, 13 instituts de recherche pour l'aéronautique, dont 4 dédiés à l'étude des moteurs et des carburants.

Le fossé se creuse avec le deuxième conflit mondial, en dépit d'un fort potentiel scientifique et des résultats innovants en physique, mathématique, aérodynamique et thermodynamique. On peut citer la théorie de la turbo propulsion par M. Roy en 1928 et l'invention de la turbo fusée en 1930.

Marcel PierreC'est également entre 1937 et 1942, que Marcel Pierre (SNCASO) en France, puis le Dr Peters en Allemagne ensuite, imaginent d'actionner une soufflerie directement grâce à des turbines hydrauliques Pelton.

Entre 1939 et 1945, la course acharnée à l'innovation entre belligérants apporte des progrès considérables dans le secteur aéronautique. La France occupée ne peut tenir le rythme, malgré la poursuite plus ou moins clandestine de certaines recherches, notamment sur les moteurs.