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Les débuts de l'aviation

Plan masse de la grande soufflerie S1Ch Image en grand

 

 

 

 

 

 

© Musée de l'Air et de l'Espace
Plan masse de la grande soufflerie S1Ch

Image en grand

Ferdinand Ferber (1862-1909)

Capitaine d’artillerie, doit à Charles Renard son affectation au centre de Meudon, en 1904. Dès 1873, Renard étudie un planeur à plans superposés munis de stabilisateurs latéraux. Convaincu depuis longtemps de l’avenir du plus lourd que l’air, il fait venir Ferber au centre de Meudon, afin que celui-ci y poursuive ses recherches sur le vol. Ferber cherche à réaliser la synthèse entre le vol plané et le vol mécanique. Ainsi, il expérimente un planeur sur fil tendu. Lorsque le planeur arrive au bout de la rampe de lancement, il est libéré et se trouve dans les conditions optimales de vitesse pour effectuer un vol de 50 à 100 mètres.

Un lancement du planeur de Ferber

 

 

 

 

 

 


© Musée de l'Air et de l'Espace
Un lancement du planeur de Ferber

Le temps des premières souffleries

Les premiers constructeurs s’attachaient à faire décoller des engins plus lourds que l’air et à les maintenir en vol. Mais rapidement, la recherche d’altitude, de vitesse, de qualité de vol rend les progrès de l’aéronautique indissociables de ceux de l’aérodynamique. Le besoin de disposer de moyens d’essai pour étudier l’action d’un écoulement d’air, de vitesse et de caractéristiques connues, sur une maquette, s’impose alors. En créant artificiellement les conditions rencontrées en vol, les souffleries répondent à ce besoin.

Dès 1896, le colonel Renard construit une installation rudimentaire : un ventilateur souffle de l’air dans une conduite. En 1909, au pied de sa Tour, Gustave Eiffel réalise une soufflerie et pose les fondements des premières souffleries subsoniques.

La grande soufflerie de recherche de Meudon, S1Ch

 

© Musée de l'Air et de l'Espace
S1Ch vue du côté sortie du flux d'air et des 6 ventilateurs d'aspiration.

La construction en France d’une soufflerie aérodynamique pour l’essai d’avions en grandeur réelle, est envisagée dès 1929 par Albert Caquot. La nécessité de comprendre les phénomènes aérodynamiques, en se rapprochant le plus possible de la réalité, conduit à réaliser une grande soufflerie à pression atmosphérique, à Meudon. Elle y est construite de 1932 à 1934, sous la direction de l’ingénieur en chef Lapresle. Par les grandes dimensions de sa veine d’essai, S1Ch permet d'expérimenter des avions réels de 12 m d’envergure, avec moteur allumé et pilote à bord.

Le diffuseur central en forme d'ellipse.

© Musée de l'Air et de l'Espace
Le diffuseur central en forme d'ellipse.

Le diffuseur central en forme d'ellipse.

© Musée de l'Air et de l'Espace
Le grand voile en béton armé.

L’air de l’extérieur s’engage dans le collecteur par un orifice elliptique de 350 m² (24,8 m x 16,8 m) équipé d’un crible métallique. Il est ensuite canalisé, puis accéléré par le rétrécissement de la section du collecteur à 100 m² (16 m x 8 m) , jusqu’à la chambre d’expérience. C’est une veine libre longue de 11m. Là, les conditions de l’écoulement sont les meilleures, la vitesse de l’air la plus élevée. Un mât supporte l’appareil à tester, équipé des instruments qui doivent mesurer les forces aérodynamiques. L’écoulement est ensuite repris et ralenti dans un conduit divergent, le diffuseur, un tube en béton armé, long de 38 mètres, dont 34 sans appui. Il débouche dans une chambre d’aspiration, monumentale par son volume, qui sépare le divergent des ventilateurs. Absorbant une puissance de 6 000 CV, six ventilateurs de 8,7 m de diamètre génèrent ainsi par aspiration l’écoulement qui peut atteindre une vitesse de 180 km/h environ dans la veine d’essai. En fin de course, l’air est rejeté à l’atmosphère.

Jusque dans les années 1970, ce sont surtout des avions (dont la Caravelle et le Concorde) mais aussi des voitures (la 4 CV et la Coccinelle), des trains, des éléments architecturaux, qui sont passés par la chambre d’expérimentation de S1Ch, pour être mis au point ou améliorés.

Création originale par ses formes et exceptionnelle par ses dimensions, la grande soufflerie de Chalais-Meudon constitue un ensemble architectural harmonieux, parfaitement équilibré. Face à un problème ardu, la Société Anonyme des Entreprises Limousin, s'était proposé de rechercher avant tout l'homogénéïté et la simplicité. Cette construction de 1933 absorbe 7000 m3 de béton armé, 700 tonnes de fer, 1000 m3 de bois, et requiert l'établissement de 566 plans d'exécution.

 

L'avion Morane-Saulnier 315 dans la soufflerie S1Ch en 1936.

 

 

 

 

 

 

 


© Musée de l'Air et de l'Espace
L'avion Morane-Saulnier 315
dans la soufflerie S1Ch en 1936.

L'une des 6 hélices de la soufflerie dont la vitesse de rotation est réglable entre 0 et 300 tours/mn.

 

 

 

 

 

 

 


© ONERA
L'une des 6 hélices de la soufflerie
dont la vitesse de rotation est réglable
entre 0 et 300 tours/mn.

Etude de la visibilité par temps de pluie à travers la verrière de la Caravelle à S1Ch, en 1957.

 

 

 

 


© ONERA
Etude de la visibilité par temps de pluie
à travers la verrière de la Caravelle à S1Ch, en 1957.