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Décembre 2006

Le savoir-faire de l'Onera au service de l'égyptologie

Des physiciens de la matière ont analysé les microstructures de pierres provenant des pyramides égyptiennes et prouvé qu'elles n'étaient pas naturelles mais "synthétiques".

carte de bruit sur un avionLe parement de cette pyramide (partie supérieure) serait en pierre reconstituéePlusieurs théories ont été élaborées pour expliquer le mystère de la construction des grandes pyramides d'Egypte. Ainsi, Joseph Davidovits, chimiste à l'Institut géopolymère de St-Quentin et égyptologue, défend depuis 30 ans la thèse que des blocs de calcaires – en particulier ceux du parement – auraient été reconstitués et coulés sur place, à la manière du béton.

Si l'observation des blocs de pierre sur place et de leurs arrangements nourrissaient de fortes présomptions en faveur de cette théorie, par ailleurs très contestée, il lui manquait de véritables preuves scientifiques.

Gilles Hug, chercheur à l'Onera, et Michel Barsoum, spécialiste des matériaux à l'Université Drexel de Philadelphie, ont entrepris les investigations à la manière d'une police scientifique, avec pour objectif de faire parler les pierres, celles qui justement étaient présumées ne pas être naturelles.

Des échantillons ont été examinés par diverses méthodes, utilisées à l'Onera plutôt pour comprendre les mécanismes de transformation des métaux et optimiser leurs propriétés : torche plasma, diffraction aux rayons X, microscopies électroniques à balayage et à transmission (respectivement MEB et MET). Les "observations" – en fait de la spectrométrie et de la diffraction électronique ou photonique – ont permis de connaître les compositions élémentaires, d'identifier des microstructures cristallines ou des agrégats amorphes.

Silicate de magnesium vu au MET
Ici du silicate de magnésium amorphe, observé par MET. Ce composé n’est pas attendu dans une pierre sédimentaire mais peut résulter d’un réaction chimique de type "géopolymère".

Il est apparu que les proportions d'éléments en présence ne sont pas celles des pierres des carrières exploitées, et surtout que les cristaux et agrégats en présence n'existent pas à l'état naturel dans les roches sédimentaires. Conclusion : les échantillons ne sont pas de pierre sédimentaire mais bien synthétique. Et nécessairement, les égyptiens maîtrisaient cette chimie particulière du ciment géopolymère, dont les composants (cendres, sels de Natron, chaux, calcaire, gypse...) étaient disponibles à proximité des constructions...

 

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Microscopie électronique au LEM

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Mis à jour le 19 février, 2007 - © ONERA 2009 - Crédits et conditions d'utilisation